• Recherche

Retour sur la Journée scientifique du pôle CBS

Nouveaux risques infectieux. Nouveaux agents pathogènes et nouvelles stratégies anti-infectieuses.
La journée du pôle Chimie Biologie Santé (CBS) est une manifestation annuelle dont la vocation première est de réunir la communauté du pôle CBS (25 laboratoires, environ 750 enseignants-chercheurs) autour des présentations de projets ayant reçu le soutien de la ComUE UGA - en particulier à travers les appels d’offres IDEX-IRS. La journée du pôle est le plus souvent thématisée, et une séquence est dédiée aux scientifiques nouvellement recrutés afin d’encourager les collaborations.


Ouverture de la journée par Éric Saint-Aman, vice-président recherche de l'Université Grenoble Alpes

Une thématique : les nouveaux risques infectieux

La maîtrise du risque infectieux est un enjeu sociétal et économique majeur. Au cours des dernières décennies ont émergé de nouveaux pathogènes (Ebola, Hépatites, VIH) réémergées des pathologies anciennes (tuberculose, rougeole), des épidémies récurrentes (grippe), des maladies persistantes (malaria), sans compter la problématique croissante de la résistance aux antimicrobiens ou antibiorésistance.
Face à cet enjeu, de nombreux laboratoires de la communauté CBS ont pour objectif de renouveler les moyens de détecter ces agents et de décortiquer les mécanismes qui conduisent à l’émergence, la transmission et la dissémination des pathogènes afin de trouver de nouvelles cibles thérapeutiques pour prévenir et traiter les maladies infectieuses.

Des focus sur des projets grenoblois de la thématique 

Yung-Sing Wong (DPM) : collaboration chimie-biologie > nouvelles stratégies contre les bactéries à Gram : contrer la virulence et favoriser l’absorption de médicaments par les bactéries cibles.
Ina Attrée-Delic (IRIG-CEA) : collaboration biologie-santé (CHU) > identification d’une nouvelle stratégie de virulence chez la bactérie P. aeruginosa pathogène opportuniste mortel.
Hélène Malet (IBS) : biologie structurale de pointe sur la machine réplicative de virus émergents
Jérôme Govin (IAB) : découverte d’une nouvelle cible antifongique
Pascal Poignard (IBS) : immunité réverse - anticorps neutralisants comme cible thérapeutique pour lutter contre le réservoir du virus (VIH).

Dépasser les frontières disciplinaires et géographiques

Les pathogènes n'ont pas de frontières géographiques et pour lutter efficacement contre eux, il est nécessaire de s’appuyer sur l’arsenal de toutes les disciplines qui sont concernées par ce domaine, ceci sous entendant les domaines fondamentaux des recherches en santé, en biologie et en chimie et également les recherches dans le domaine des sciences humaines et de l’innovation.
Les organisateurs de la journée du pôle ont souhaité illustrer à travers l’exemple des travaux d’Alain Baulard, directeur de recherches Inserm à l’Institut Pasteur de Lille, comment l’avancée du front des connaissances et l’apport de nouvelles technologies ont contribué à modifier un antituberculeux et de le proposer comme un nouvelle molécule pour traiter les patients développant une tuberculose.
L’analyse de Léonie Varobieff, philosophe, participant au développant du projet Bourgeon, illustre quant à elle comment la communauté SHS aborde la problématique du risque infectieux.

Les travaux lillois


Alain Baulard a démontré qu’on peut augmenter l’efficacité de l’ethionamide contre le bacille de la tuberculose. L’ethionamide est un antituberculeux aux effets secondaires très lourds, à usage limité, dont les doses peuvent être réduites en cas d’administration des molécules « boosters » issues du travail d’Alain Baulard et de ses collaborateurs. Dans un contexte de multirésistance aux antibiotiques chez le bacille de la tuberculose, l’histoire de la réhabilitation de l’éthionamide (chez l’animal) est exemplaire.


Conférence d'Alain Baulard, directeur de recherches Inserm à l’Institut Pasteur de Lille

La vision philosophique


Il est admis que le mésusage des antibiotiques contribue à l’émergence des résistances aux antibiotiques. Il devient urgent de comprendre quels sont les logiques qui conduisent au mésusage des antibiotiques, de déterminer les dynamiques qui vont favoriser les meilleures pratiques de prescription et d’utilisation. Dans ce contexte, il s’agit d’étudier et de comprendre les déterminants conceptuels, les facteurs sociaux, les pratiques individuelles et professionnelles, les cadres juridiques, les lieux de décisions et de logiques économiques liés à ce problème. Lutter contre la résistance c’est faire prendre conscience du risque lié à l’utilisation non contrôlée de médicaments (durée et dose) et promouvoir un usage responsable, approprié et prudent. L’ensemble des points évoqués sont à partager avec la communauté du pôle CBS.


Conférence de Léonie Varobieff, philosophe

Prix du meilleur poster


Comme chaque année à l'occasion de la journée scientifique, le pôle organise une session poster, ouverte à tous les doctorants UGA, pour présenter leur travaux de recherche.
Cette année le prix du prix du meilleur poster a été remis à Sara El Kennani - Laboratoire IAB pour ses travaux 
Inhibiting fungal BET protein: a new hope to treat systemic fungal infections.
 

Photo. Sara El Kennani et Pascal Mossuz directeur adjoint du pôle CBS

Retour en tweets

Publié le 22 octobre 2019